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Daniel Goldberg : la question posée au gouvernement sur la dissimulation du plan concernant PSA

31 octobre, 2012 à 18:00 | Posté par

Sur l’épineux dos­sier PSA, Daniel Gold­berg, député de la Seine-Saint-Denis, a posé une ques­tion au gou­ver­ne­ment hier concer­nant la dis­si­mu­la­tion du plan social.

Vous pou­vez prendre connais­sance de cette ques­tion, des échanges et des remarques par­fois vives de l’opposition par­le­men­taire en vidéo en cli­quant sur l’image ci-contre.

Ci-dessous, le compte-rendu de ces échanges :

« M. le pré­sident (Claude Bar­to­lone). La parole est à M. Daniel Gold­berg, pour le groupe socia­liste, répu­bli­cain et citoyen.

M. Daniel Gold­berg. Ma ques­tion s’adresse à M. le ministre du redres­se­ment pro­duc­tif.

Voilà donc reve­nus sur les bancs de l’opposition les méde­cins de Molière de l’action éco­no­mique, ceux qui ont un seul mot à la bouche, un seul remède – sou­vent mor­ti­fère pour notre indus­trie – et d’ailleurs un seul bilan : la sai­gnée !

La sai­gnée pour les sala­riés et les arti­sans, qui souffrent et à qui ils reprochent de ne pas se rési­gner.

La sai­gnée pour les classes moyennes et popu­laires, cou­pables à leurs yeux de vou­loir se soi­gner et se loger digne­ment (Excla­ma­tions sur les bancs du groupe UMP), d’avoir les moyens d’élever leurs enfants ou encore de vivre cor­rec­te­ment de leur pen­sion de retraite.

La sai­gnée des 750 000 emplois indus­triels détruits en dix ans et des 3 mil­lions de chô­meurs.
La sai­gnée pour les entre­pre­neurs, qui ont vu leurs marges réduites à l’extrême.

M. Chris­tian Jacob. Pour ça, c’est au Gou­ver­ne­ment qu’il faut vous en prendre !

M. Daniel Gold­berg. La sai­gnée, à force de par­ler du coût du tra­vail et jamais du coût du capi­tal.

Et bien sûr la sai­gnée que vous avez faite en pro­té­geant pen­dant dix ans la rente plu­tôt que l’esprit d’entreprendre.
La décence vous com­man­de­rait, chers col­lègues de l’opposition, d’essayer de com­prendre pour­quoi les Fran­çais vous ont ren­voyés en mai et en juin der­niers.

Vous applau­dis­siez Nico­las Sar­kozy lorsqu’il décla­rait le 17 novembre der­nier, à pro­pos de PSA : « Je peux vous annon­cer qu’il n’y aura pas de plan social en France. »

M. Patrick Lemasle. Men­songe !

M. Daniel Gold­berg. Après l’aveu de Fran­çois Fillon, confir­mant que l’État a bien com­mandé que l’on repousse l’annonce du plan social, vous devriez d’abord pen­ser aux 8 000 familles tou­chées et à cette belle entre­prise. À cause de vous, ils vont avoir plus de dif­fi­cul­tés.

Mais il n’y a pas eu que PSA. Fran­çois Ché­rèque a pu affir­mer en février der­nier, sans jamais être démenti : « Des chefs d’entreprise me disent toutes les semaines que le minis­tère leur télé­phone pour qu’ils reportent à plus tard leurs plans sociaux. » (Applau­dis­se­ments puis huées sur les bancs du groupe SRC.)

Mon­sieur le ministre, vous êtes main­te­nant aux res­pon­sa­bi­li­tés. Pouvez-vous nous dire quels moyens vous allez main­te­nant mettre en œuvre pour rele­ver dans la jus­tice l’économie de notre pays ? (Applau­dis­se­ments sur les bancs du groupe SRC.)

M. le pré­sident. La parole est à M. le ministre du redres­se­ment pro­duc­tif.

M. Arnaud Mon­te­bourg, ministre du redres­se­ment pro­duc­tif. Mon­sieur le député, vous visez juste lorsque vous dites que le gou­ver­ne­ment pré­cé­dent s’est employé, avec d’ailleurs de mul­tiples mains, à dis­si­mu­ler de très nom­breux plans sociaux, ceux qu’aujourd’hui le gou­ver­ne­ment de Jean-Marc Ayrault affronte et traite cou­ra­geu­se­ment.

Le pré­sident Sar­kozy avait dit, lorsqu’il était allé à Petit-Couronne, dans la raf­fi­ne­rie de Petro­plus qui est, aujourd’hui, au bord de la liqui­da­tion : « Ne vous inquié­tez pas, c’est réglé. » Eh bien, que croyez-vous que fasse le minis­tère dont j’ai la charge aujourd’hui ? Il cherche des repre­neurs qui, paraît-il, n’étaient pas néces­saires !

Lorsque le Pre­mier ministre de l’époque, M. Fillon, a déclaré, à une heure de grande écoute, que, dans l’affaire Peu­geot, il était exact que le plan social concer­nant 8 000 sala­riés avait été reporté à l’après-élection, il y a là une forme d’irresponsabilité et d’incompétence.

En effet, voyez-vous, mon­sieur Fillon, pen­dant ce temps-là, la situa­tion de Peu­geot s’est aggra­vée d’une manière tout à fait déplo­rable, à tel point que le Gou­ver­ne­ment est obligé de venir sou­te­nir la banque PSA Finance et de lui octroyer une garan­tie sans laquelle ses dif­fi­cul­tés ris­que­raient d’augmenter encore.

Quand le gou­ver­ne­ment pré­cé­dent dis­si­mu­lait les plans sociaux, que fait le nôtre ? Il traite la ques­tion.

M. Yves Nico­lin et M. Franck Gilard. Bara­tin !

M. Arnaud Mon­te­bourg, ministre. Dans l’affaire PSA, que vous avez men­tion­née, nous avons décidé, en contre­par­tie de la garan­tie appor­tée à la banque cap­tive, de deman­der, pre­miè­re­ment, à entrer dans le conseil de sur­veillance, par l’intermédiaire d’un admi­nis­tra­teur lié à l’État. C’est du donnant-donnant. (Applau­dis­se­ments sur les bancs du groupe SRC.)

Deuxiè­me­ment, de per­mettre à l’un des sala­riés, dési­gné par ses pairs, d’entrer lui aussi dans le conseil de sur­veillance, pour dis­cu­ter des orien­ta­tions stra­té­giques. (Applau­dis­se­ments sur les mêmes bancs.)

Troi­siè­me­ment, d’interdire la dis­tri­bu­tion de divi­dendes, de rachats d’actions, de stock-options et d’actions gra­tuites. (Mêmes mou­ve­ments.)

M. le pré­sident. Merci de conclure !

M. Arnaud Mon­te­bourg, ministre. Qua­triè­me­ment, de garan­tir le main­tien des sites de pro­duc­tion des auto­mo­biles.

Enfin, de réduire le plan social qui frappe aujourd’hui 8 000 familles en France.
Tel est le sens de notre action. (Applau­dis­se­ments sur les bancs du groupe SRC.) »

Source : Assem­blée Natio­nale

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