16 mars, 2010 à 17:11 | Posté par
Stéphane Fleury
Après une première réunion organisée le 18 février dernier, une centaine de personnes avait de nouveau pris place salle Dumont afin de faire le point sur la situation des rues de Pimodan et Henri Barbusse, aux prises avec le projet immobilier d’un promoteur privé. Inutile de ménager le suspense, le maire Gérard Ségura l’a annoncé : le promoteur se retire du projet. Pourtant, réglementairement parlant, rien n’empêchait ce promoteur d’aller au bout de son projet. La mairie pouvait, tout au plus, retarder l’échéance en traînant les pieds pour accorder le permis de construire. Toutefois, le promoteur semble avoir été sensible au courrier du maire, prélude à cette heureuse issue. La foule a évidemment réagi très favorablement à cette annonce. Monsieur Ségura a néanmoins rappelé que ce secteur de la ville restait sous la menace des promoteurs, dans la mesure où il se situe dans une zone intermédiaire (zone UD) au niveau du plan local d’urbanisme (PLU), qui permet de monter jusqu’à quatre étages. Il a évoqué la possibilité d’étendre le périmètre d’études sur cette zone afin de la protéger de l’appétit des promoteurs pendant deux ans, avant la révision programmée du PLU.
Le processus de révision du PLU pourrait débuter par la tenue de réunions publiques et d’ateliers de travail relatifs à l’Agenda 21, de septembre à mi-novembre de cette année. La révision serait lancée dans la foulée. Avant cela, Gérard Ségura a d’ores et déjà annoncé des modifications du plan local d’urbanisme, avec enquête publique en mai ou juin. Le maire a précisé que ces modifications étaient nécessaires pour la construction de 120 logements dans le quartier de la Rose des Vents, ainsi que pour 60 logements sur le terrain du Vélodrome. La zone industrielle des Mardelles serait également concernée par la réalisation d’entrepôts de haut niveau en matière architecturale et environnementale permettant de délocaliser certaines activités pour l’instant confinées en zone urbaine, par exemple le garage Volkswagen.
En fin de soirée, le maire a concédé que l’urgence de boucler le PRU, avant la fin de l’année dernière, avait sans doute entraîné une certaine précipitation dans les projets immobiliers (principalement à Savigny, Balagny et la cité Arc en ciel) et en réaction des inquiétudes chez les habitants face à l’urbanisation. Tout en rappelant que construire était inévitable et indispensable, Gérard Ségura a semblé envoyer des signes d’apaisement sur cette question, appelant à élaborer le projet de ville de demain dans un climat plus serein.
En conclusion, si l’on peut légitimement se réjouir pour Madame Leconte-Vincent et les riverains quant à cette évolution favorable, ce qu’il convient désormais d’appeler le précédent rue de Pimodan, où la mairie s’est ostensiblement portée au secours d’un quartier pavillonnaire de centre-ville contre des promoteurs privés, pose un certain nombre de questions. Au moins deux.
D’abord, celle de la densification en zone de centralité. En effet, il semble acquis dans la majorité des groupes politiques de notre ville que l’urbanisation doit se faire en priorité le long des grands axes du centre-ville. Le secteur Pimodan-Henri Barbusse est dans cette configuration. Et pourtant la municipalité a fait pression et le promoteur a renoncé à son projet immobilier. Tant mieux pour les habitants. Toutefois, il parait difficilement compréhensible que dans le même temps, cette même municipalité porte ou ait porté des projets urbains dans des secteurs excentrés, mal desservis par les transports et peu fournis en commerces. On pense évidemment à Balagny, la cité Arc en ciel ou rue des Saules. On rappellera au passage, d’ailleurs, que l’urgence n’est plus de mise dans le cas de la cité Arc en ciel puisque ce projet est sorti du cadre du PRU.
Enfin, celle de la manière dont certains dossiers sont traités à grands renforts de publicité (pleines pages dans le numéro 74 d’Oxygène) et en priorité (deux réunions publiques en l’espace d’un seul mois) pendant que d’autres semblent totalement ignorés. On citera, en particulier, la cité Arc en ciel où un collectif de riverains, soutenu par Alain Amédro l’adjoint à l’urbanisme, se bat désespérément pour réduire la taille d’un bâtiment de quatre niveaux prévu à la construction au milieu d’un quartier pavillonnaire. Le promoteur étant pourtant dans ce dossier l’OPH, et donc la municipalité. Mais aussi, le cas de la rue Fernand-Herbaut et de l’impasse des marronniers, situés en zone de centralité et également face à un promoteur privé, mais dont l’association de défense du cadre de vie éprouve toutes les peines du monde à se faire entendre auprès de la mairie pour limiter la hauteur d’une construction.
De bien troublants paradoxes…
Stéphane Fleury.
NDLR: « Le temps du bonheur » est l’expression rendue célèbre par le maire Gérard Ségura le soir son élection et reprise en titre par Le Parisien.