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Aulnay-sous-Bois : l’avenir de PSA inquiète les politiques locaux (bis)

27 octobre, 2011 à 16:12 | Posté par

La situa­tion de PSA à Aulnay-sous-Bois n’étant tou­jours pas très ras­su­rante, le rédac­teur de ces lignes a mal­heu­reu­se­ment l’impression de rado­ter : un mois après une note sur l’inquié­tude des poli­tiques locaux, le temps n’est pas encore à l’éclaircie. Ainsi, nous avons reçu de poli­tiques locaux plu­sieurs com­mu­ni­qués, que nous por­tons à votre connais­sance :

Com­mu­ni­qué du maire rela­tif à PSA

Le maire Gérard Ségura réitère ainsi sa demande de gel des sup­pres­sions d’emplois sur le site d’Aulnay-sous-Bois et demande, «  compte tenu des menaces qui se pré­cisent (…), et de la façon la plus solen­nelle, la tenue en urgence d’une table ronde qui réunisse le gou­ver­ne­ment, la direc­tion du groupe PSA, les délé­gués syn­di­caux et le maire  ». Il appelle donc au dia­logue, dia­logue qu’il nous rap­pelle avoir déjà noué avec des res­pon­sables du site PSA lors d’une ren­contre en mai­rie orga­ni­sée le 5 octobre der­nier. A cette occa­sion, si les rumeurs de vente par­tielle de fon­cier concer­nant le site ont été caté­go­ri­que­ment démen­ties, l’engagement de main­tien de la pro­duc­tion n’a pas été affirmé au-delà de 2014. Denis Mar­tin, direc­teur indus­triel et des rela­tions sociales, membre du Comité de direc­tion géné­rale aurait ainsi déclaré : «  nous fai­sons face à une concur­rence exa­cer­bée sur ce seg­ment. Nous allons autant que pos­sible main­te­nir la charge de tra­vail sur le site d’Aulnay, mais rien n’est tran­ché pour l’avenir. On est dans une impré­vi­sion com­plète » C’est bien là l’essence du pro­blème…

Vous pou­vez lire le récent com­mu­ni­qué de Gérard Ségura en cli­quant sur l’image ci-contre. Pour le com­mu­ni­qué concer­nant la ren­contre du 5 octobre en mai­rie, cli­quez ici.

Com­mu­ni­qué de Gérard Gau­dron rela­tif à PSA

Le député Gérard Gau­dron, lui, nous informe de sa ques­tion posée le 26 octobre au Ministre de l’Industrie Eric Bes­son à l’Assemblée natio­nale :

« Mon­sieur le ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numé­rique, ce matin, le groupe PSA Peu­geot Citroën a pré­senté à son comité de groupe euro­péen un plan d’économies de 800 mil­lions d’euros pour 2012, le groupe ayant subi un recul de ses ventes en Europe de 7 % depuis le début de l’année. Ce plan d’économies équi­vaut, selon le pré­sident du groupe PSA, à une réduc­tion des effec­tifs de 10 %. Il pren­drait la forme, d’après les infor­ma­tions enten­dues, de non-reconduction de contrats de pres­ta­tions de ser­vices exté­rieurs, de non-remplacement de départs natu­rels à la retraite et de mesures de recon­ver­sions et de mobi­lité au sein du groupe. En France, PSA a annoncé que ces éco­no­mies concer­naient essen­tiel­le­ment les sous-traitants non auto­mo­biles et les inté­ri­maires. Ces mesures inquiètent tous les sala­riés du groupe PSA, et notam­ment ceux de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, dans ma cir­cons­crip­tion. Vous avez, dès ce matin, annoncé que vous alliez vous entre­te­nir avec Phi­lippe Varin, pré­sident de PSA, sur l’impact de ce plan d’économies. Pou­vez, mon­sieur le ministre, nous infor­mer de la teneur des échanges que vous avez eus avec le pré­sident de PSA ? Pouvez-vous, sur­tout, nous confir­mer que l’impact de ce plan d’économies sera limité, et que vous serez, avec votre col­lègue en charge du tra­vail et de l’emploi, Xavier Ber­trand, par­ti­cu­liè­re­ment atten­tifs à ce dos­sier ? Pouvez-vous, enfin, nous dire com­ment le Gou­ver­ne­ment conti­nuera à sou­te­nir l’industrie auto­mo­bile dans un contexte de ralen­tis­se­ment de son acti­vité euro­péenne ? »

Voici la réponse du ministre :

« Mon­sieur le député, Gérard Gau­dron, vous avez rai­son, le groupe PSA a rendu public, ce matin, un plan d’économies pré­voyant des éco­no­mies sur les achats et une réduc­tion de ses effec­tifs euro­péens. Dès ce midi, je me suis effec­ti­ve­ment entre­tenu avec son pré­sident, Phi­lippe Varin. Il m’a confirmé ce que vous venez de sug­gé­rer, à savoir que ce plan était adopté en rai­son du ralen­tis­se­ment incon­tes­table de la demande auto­mo­bile euro­péenne et de la pres­sion tout aussi incon­tes­table sur les prix à la baisse. Il s’agit pour PSA, m’a-t-il dit, de pré­ser­ver, dans un contexte dif­fi­cile, ses capa­ci­tés indus­trielles, plu­tôt, en clair, – et ce sont mes mots – que de pro­cé­der à des fer­me­tures d’usines. Phi­lippe Varin m’a confirmé qu’aucun plan de licen­cie­ment ou de départs volon­taires n’était envi­sagé à ce jour. La pré­sence indus­trielle de PSA, en France, et notam­ment à Aul­nay et Sevel­nord, n’est pas remise en cause. J’ai demandé à Phi­lippe Varin que la mise en œuvre des éco­no­mies envi­sa­gées sur les achats ne fra­gi­lise pas la posi­tion des sous-traitants fran­çais qu’il est indis­pen­sable de pré­ser­ver pour les temps de reprise. Jean-Claude Volot, le média­teur de la sous-traitance, pro­cé­dera à un suivi appro­fondi des entre­prises concer­nées de façon à ce qu’aucune ne soit fra­gi­li­sée. J’ai éga­le­ment demandé au groupe PSA de mettre en place un accom­pa­gne­ment ren­forcé pour les sala­riés inté­ri­maires, comme cela se fait dans plu­sieurs bas­sins d’emploi. Au-delà de PSA, il n’échappe à per­sonne que plu­sieurs incer­ti­tudes pèsent actuel­le­ment sur le mar­ché auto­mo­bile. Nous espé­rons tous qu’il s’agit d’une situa­tion tem­po­raire. Avec Xavier Ber­trand, ministre de l’emploi et du tra­vail, nous allons convo­quer, le 23 novembre, le comité stra­té­gique de la filière auto­mo­bile, lequel se réunit, en moyenne, tous les deux mois, pour dres­ser, avec les indus­triels et les repré­sen­tants sala­riés, le diag­nos­tic actua­lisé de la situa­tion de la filière. Vous avez rai­son, en 2008, l’État n’a pas mesuré son sou­tien à la filière. Nous le pour­sui­vrons grâce à quan­tité de mesures que vous connais­sez : inves­tis­se­ment d’avenir, fonds de moder­ni­sa­tion des équi­pe­men­tiers auto­mo­biles et main­tien du bonus éco­lo­gique. »

Com­mu­ni­qué de Jérôme Charré rela­tif à PSA

De son côté, le conseiller natio­nal du Modem Jérôme Charré nous a adressé ce jour ce com­mu­ni­qué, que vous pou­vez télé­char­ger en cli­quant sur l’image ci-contre. Dans celui-ci il émet quelques pro­po­si­tions :

«  Si la pro­duc­tion de véhi­cules d’entrée de gamme n’est pas suf­fi­sam­ment ren­table, il nous paraît essen­tiel que PSA conti­nue à inves­tir en France, et à Aulnay-sous-Bois. Il faut désor­mais se déve­lop­per sur des véhi­cules à plus grande valeur ajou­tée, plus inno­vantes, avec de nou­velles exi­gences éner­gé­tiques. Le suc­cès des Citroën DS3 et DS4 montre qu’il y a une attente du public. Il m’apparaît urgent qu’un front com­mun avec toutes les par­ties pre­nantes se mobi­lise pour impul­ser cette nou­velle stra­té­gie, qui s’est impo­sée en Alle­magne et qui per­met­tra de sau­ver l’usine PSA d’Aulnay– sous-Bois  ».

Au-delà de la poli­tique indus­trielle natio­nale, il indique très jus­te­ment qu’il faut éga­le­ment se pen­cher sur la poli­tique éco­no­mique locale, Aul­nay étant de toute façon très (trop ?) PSA-dépendante… Ainsi il écrit : «  Dans le même temps, les élus doivent admettre que la poule aux œufs d’or risque de se tarir. Dès lors, il est cru­cial de déve­lop­per notre éco­no­mie locale afin de faire face à une fer­me­ture de l’usine d’Aulnay– sous-Bois  ».

Et vous, qu’en pensez-vous ?…

Jean-Gauthier Quin­tard

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tomy | 29 octobre, 2011 à 21 h 38 min Navigue avec Internet Explorer Internet Explorer 9.0 sur Windows Windows 7
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