Amiante, Travaux

CMMP: Ce que craignaient les associations se réalise

11 mai, 2010 à 5:10 | Posté par

Sté­phane Fleury a déjà publié sur notre blog un pre­mier compte rendu de visite du chan­tier de dépol­lu­tion de l’ancienne usine d’amiante CMMP. Le col­lec­tif des asso­cia­tions, mené par Gérard Voide, a publié ce lundi 10 mai, un compte-rendu qui rentre encore plus dans les détails. Cette publi­ca­tion est l’occasion de reve­nir sur les pro­po­si­tions des asso­cia­tions faites il y a dix ans. Le constat est tout bon­ne­ment gla­çant: Un des pires scé­na­rio que crai­gnaient les asso­cia­tions est en train de se réa­li­ser. Il y a dix ans, les asso­cia­tions, dans un cli­mat d’indifférence géné­ral, pré­co­ni­saient déjà des carot­tages pro­fonds, des risques pour la nappe phréa­tique, une pol­lu­tion au Deca­pex… Le récent contrat de dépol­lu­tion, qui pré­voit le décais­se­ment du sol que sur 20cm de pro­fon­deur, n’aurait-il pas été un peu sous-estimé?

Pro­po­si­tions datant de 2001

Voici donc le nou­veau compte rendu des asso­cia­tions:

VISITE DE CHANTIER DU CMMP LE 5 MAI 2010 PAR LES ASSOCIATIONS

Les asso­cia­tions ont visité le chan­tier le 5 mai après-midi ainsi que deux anciens ouvriers (res­ca­pés mais malades). Forts de la décou­verte de l’amiante sous la dalle du bâti­ment B (ancien ate­lier d’amiante), les pro­fes­sion­nels ont pris la pré­cau­tion de son­der la dalle du bâti­ment C1 (démoli mais encore sous confi­ne­ment). Ce bâti­ment était censé ne pas avoir traité l’amiante (dixit le CMMP) mais il a été faite la même décou­verte que sous le bâti­ment B : de la cro­ci­do­lite dis­si­mu­lée sous la dalle à 60–70 cm de pro­fon­deur. Le déman­tè­le­ment et le curage des terres pol­luées vont occa­sion­ner un 2ème sur­coût. De plus, l’ Ins­pec­teur du Tra­vail a trouvé, le 22 avril der­nier, deux touffes de cro­ci­do­lite dans la cour côté rue de l’Industrie.

Ces décou­vertes révèlent un sol et un sous-sol pol­lués en pro­fon­deur, dépas­sant lar­ge­ment la couche de 20 cm de terre à enle­ver comme cela est prévu dans le contrat, ce qui occa­sion­nera donc un 3ème sur­coût. Les risques d’un 4ème sur­coût pour cause de retard dans les tra­vaux, impo­sant une nou­velle ren­trée dans les locaux pro­vi­soires de Sevran, n’est pas à exclure (mon­tant connu : 1 mil­lion d’euros). Les pro­fes­sion­nels ont tou­jours l’objectif de tenir le calen­drier mais le pourront-ils ?

Les parents d’élèves, les rive­rains et les asso­cia­tions sont pré­oc­cu­pés par le risque d’une dépol­lu­tion incom­plète des terres pol­luées. La ten­ta­tion peut être grande, pres­sée par les délais des tra­vaux à réa­li­ser avant la ren­trée sco­laire de Sep­tembre. HPC Envi­ro­tec est chargé de la recherche de la pol­lu­tion du sous-sol, tous toxiques, toutes pro­fon­deurs. Le résul­tat de cette étude ne sera ne sera connu, au mieux, qu’ à la mi juin ce qui lais­sera peu de temps pour l’achèvement des tra­vaux. Une nappe phréa­tique est en exploi­ta­tion à 17 mètres de pro­fon­deur ! Et l’on sait que les toxiques uti­li­sés ne manquent pas : ver­nis du temps de la fabrique de meuble (avant le CMMP) ; fuel, pyro­lène, toxique liquide déca­pant de pein­ture Déca­pex ; amiante tous types ; déchets de mine­rais d’amiante évacués dans les eaux usées ; zir­con trop radio­ac­tif dont le CMMP s’est débar­rassé dans la terre …

Pas plus que sous la dalle du bâti­ment B, le CMMP n’a déclaré l’amiante dans le bâti­ment C1, ni le dépôt de zir­con. Tout a été dis­si­mulé aux pro­fes­sion­nels du chan­tier. Les aveux ne se font qu’au fur et à mesure des décou­vertes !

Tous ces faits sont de nature à remettre en cause le pro­to­cole d’accord signé en Pré­fec­ture en 2009 qui bloque la par­ti­ci­pa­tion finan­cière du CMMP pour les frais de dépol­lu­tion a à peine 5 % du mon­tant des tra­vaux (hors sur­coûts évidem­ment). Déjà ce pro­to­cole bafoue la loi (pol­lueur = payeur) mais avec les sur­coûts à venir, c’est un véri­table scan­dale ! Les contri­buables d’Aulnay sont priés pour l’instant de payer l’addition et les vic­times subi­ront la double peine.

Trop, c’est trop ! la coupe déborde, d’autant que le code de l’environnement don­nait pou­voir au Pré­fet, devant la mau­vaise volonté du pol­lueur, de sai­sir les sommes sur le compte de ce der­nier et de faire réa­li­ser les tra­vaux. Tous ces sur­coûts consi­dé­rables auraient pu être évités si la Pré­fec­ture avait bien voulu écou­ter les asso­cia­tions.

Devant les carences des auto­ri­tés de tutelle, la Mai­rie s’est trou­vée contrainte de réa­li­ser la décontamination-démolition du chan­tier (selon la loi sous confi­ne­ment) sous peine de conti­nuer à payer encore des mil­lions d’euros pour le trans­fert de l’école à Sevran.

Les sur­coûts doivent être payés par le CMMP pol­lueur qui a dis­si­mulé la pol­lu­tion ! Toutes les asso­cia­tions s’y emploie­ront.

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