En ce jeudi 26 novembre, une trentaine de personnes a assisté à la réunion publique organisée par les riverains et victimes du CMMP, l'occasion de faire un nouveau point sur l'avancée des travaux de dépollution de l'ancienne usine d'amiante, en présence d'un certain nombre d'élus : Claire Dexheimer, Gérard Ségura, Miguel Hernandez et Alain Amédro. Quelques mois plus tôt, une réunion de ce type avait attiré plus d'une centaine de personnes à la salle Gainville. Pour en avoir parlé avec quelques riverains, il semble que pour bon nombre d'entre eux le début du chantier sonne comme un aboutissement et que désormais l'usine d'amiante fait déjà partie du passé. Or, il n'y a rien de plus faux. En effet, si, comme l'a évoqué Gérard Voide en début de réunion, il faut se réjouir du bon déroulement des travaux, qui récompensent le combat long et acharné des associations, il n'en demeure pas moins qu'un certain nombre de questions reste en suspens.
D'abord, l'ampleur de la pollution. 18 ans après la fermeture, le site se révèle truffé d'amiante de tous types, de zircon radioactif et sans doute d'autres produits toxiques. Voici quelques exemples significatifs : en 2006, 45 fibres de crocidolite par litre d'air ont été dénombrées sur le capteur d'un ouvrier débroussaillant la cour de l'usine. Cette année en début de chantier, les professionnels trouvaient de l'amiante crocidolite (appelé amiante bleu) échappé du toit, jonchant le trottoir de la rue de Mitry. Un pic de pollution de plusieurs milliers de fibres par litre s'est reproduit lors d'un nouveau débroussaillage. La veille de la Toussaint, cette année, un capteur de contrôle de l'air titrait 8 fibres d'amosite par litre d'air dans le cimetière mitoyen.
Ceci n'est pas étonnant lorsque l'on sait que la production d'amiante des années 50 était de 500 à 800 tonnes par an, générant dans les ateliers jusqu'à 600000 fibres par litre d'air, et encore 100 tonnes dans les années 70 générant 8000 fibres par litre d'air, selon les données de la Cellule Inter-régionale d'Epidémiologie d'Île-de-France (CIRE). Si ces émissions de fibres sont restées occasionnelles et heureusement maîtrisées par les professionnels du chantier, elles confirment que l'exigence des associations d'un confinement extérieur autour des bâtiments était tout à fait justifiée. Parlons maintenant de l'avenir. Lorsque les travaux sur la superstructure seront terminés en mars prochain, que l'usine sera abattue et totalement évacuée, que va-t-on trouver dans le sol ?
Cette question demeure la grande inconnue du chantier et prouve que rien n'est encore réglé. Si le sol s'avérait fortement pollué cela pourrait avoir un impact important à la fois sur la durée et sur le coût des travaux de dépollution. Pour la durée, ceci pose la question du retour des élèves de l'école du bourg 2, pour le moment confinée dans des préfabriqués, dans leur école d'origine. Monsieur Hernandez s'est voulu rassurant, expliquant que les services techniques avaient recensé les travaux à effectuer et qu'ils étaient programmés pour début 2010. Toutefois, un allongement de la durée des travaux de désamiantage remettrait-il en cause une réintégration pour la rentrée de septembre 2010, personne ne le sait ? Précisons également que la ville de Sevran attend également le terrain occupé provisoirement par l'école afin de l'utiliser dans le cadre de son plan de renouvellement urbain. Autant d'éléments qui sonnent comme autant d'incertitudes.
Incertitude également lorsque la question du coût des travaux surgit. Combien le chantier va-t-il coûter au final à la ville et qui va payer ? Pour l'instant, et Nicole Voide n'a pas manqué de rappeler son indignation à ce sujet, le CMMP s'en tire à bon compte en n'ayant qu'à payer 392000 euros sur les 7 à 8 millions d'euros que devrait coûter cette opération de dépollution. Si le maire a rappelé que divers axes restaient ouverts, voie judiciaire, demande de subventions, pour couvrir le montant des travaux, il faudra bien tôt ou tard payer la note.
Dernier élément crucial, la recherche des victimes. L'amiante n'a été officiellement banni qu'en 1997. Or, il faut parfois attendre 20 ou 30 ans avant que ses effets toxiques ne se déclarent chez un individu. D'où la nécessité vitale de retrouver toute personne ayant pu graviter autour de cette usine. 85 malades dont 52 sont décédés, recensés par les seules associations, démontrent la réalité de cette véritable catastrophe sanitaire causée par le non-respect des règles les plus élémentaires d'hygiène et de sécurité. En fin de réunion le collectif des associations a proposé une motion demandant au préfet d'entreprendre le recensement systématique des victimes de la pollution à l'amiante et au zircon de l'ancienne usine du CMMP d'Aulnay. Localement, Monsieur Ségura, conformément à ses engagements, a favorisé la mise en place d'une cellule pilote qui s'apprête à travailler, notamment par croisements de fichiers, sur les meilleurs moyens de retrouver des victimes (dont les familles peuvent encore être indemnisées, je le précise) ou de potentiels malades.
Pardonnez ce résumé plutôt fourni, mais il me semble opportun dans ce dossier sensible, de rappeler que si, certes, les travaux ont débuté et que tout semble se dérouler comme prévu, un nombre important de points reste à l'ordre du jour. Je rappelle au passage qu'un bungalow d'information est ouvert au 103 rue de Mitry du lundi au vendredi de 16h à 19h. Monsieur Voide a demandé à ce qu'il soit ouvert également le samedi et que des films montrant les travaux en cours puissent y être diffusés.
Stéphane Fleury.





18 octobre 2026 :Évènements d’hier, des casseurs à Aulnay
18 octobre 2026 :Le cirque Manhattan à Aulnay
17 octobre 2026 :Le maire refuse le gel des loyers selon Oussouf Siby
17 octobre 2026 :Le « Strasbar » de nouveau ouvert
17 octobre 2026 :Acheter son premier appartement, Aulnay pas si mal
16 octobre 2026 :Le collège Simone Veil récompensé par le Prix académique 2025-26
16 octobre 2026 :Nex Citoyenne a un site et AulnayCap
16 octobre 2026 :Nouveaux lecteurs, revivez l’histoire d’Aulnay
16 octobre 2026 :Loup-Garou Géant à la ferme du Vieux Pays
15 octobre 2026 :Nouvelles des alentours – vendredi 16 octobre 2026
15 octobre 2026 :Dérèglement climatique, autosatisfaction et déni selon Aulnay Environnement
15 octobre 2026 :Agression dans le T4, des chiffres inquiétants
14 octobre 2026 :Ma ligne B, l’histoire de notre gare
14 octobre 2026 :Sevran : la sénatrice Corinne Narassiguin prise dans une fusillade
14 octobre 2026 :La municipalité soutient la délocalisation du CAARUD
14 octobre 2026 :Le CCAS déménage
13 octobre 2026 :Hommes poignardés, tension devant les urgences : l’hôpital Robert-Ballanger en butte aux problèmes de sécurité
13 octobre 2026 :« Lokma » ouvre à O’Parinor
13 octobre 2026 :Retards sur les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express : déception et impatience pour les élus de Seine-Saint-Denis