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Le Parisien: La rénovation urbaine à la traîne

20 novembre, 2007 à 6:23 | Posté par Hervé Suaudeau

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Trois ans après son coup d’envoi, la réno­va­tion des quar­tiers nord accuse un sérieux retard, notam­ment en matière de recons­truc­tions.

CE FUT l’un des pre­miers chan­tiers à démar­rer en France. En décembre 2004, le ministre Jean-Louis Bor­loo était venu à Aul­nay don­ner le coup d’envoi d’un plan ambi­tieux : la réno­va­tion des quar­tiers nord, avec la démolition-reconstruction de 821 loge­ments sociaux, pour un énorme bud­get de 283 mil­lions d’euros.

Trois ans après, le pré­fet, Claude Baland, indique, dans un cour­rier à un élu, que les opé­ra­tions ont pris « un retard glo­bal de six mois ».

Les construc­tions, précise-t-il, accusent « un retard plus impor­tant, de deux à six semestres ». La conven­tion signée en 2004 pré­voyait la livrai­son fin 2007 de 440 loge­ments neufs. A ce jour, on n’en compte que 76 (47 à Livry-Gargan, et 29 à la cité Arc-en-Ciel). Les démo­li­tions ont été plus rapides : au total plus de 500 appar­te­ments ont été vidés et 290 ont été démo­lis.

Pour­quoi ce retard ?  Selon le député-maire UMP Gérard Gau­dron, il a fallu adap­ter le pro­jet : « Nous avons ajouté la construc­tion de loge­ments en acces­sion à la pro­priété, une idée à laquelle je tenais. » Le Loge­ment fran­ci­lien (prin­ci­pal bailleur concerné) pointe des dif­fi­cul­tés lors des appels d’offres. Les tra­vaux de l’îlot Matisse (53 loge­ments) ont été repor­tés en rai­son des pro­po­si­tions coû­teuses des construc­teurs : « On dépas­sait de 20 % les sommes pré­vues par la conven­tion », explique Joël Labour, chef d’agence. « C’était irréa­liste d’annoncer des dates alors que la construc­tion dépen­dait de la libé­ra­tion de ter­rains », ajoute-t-il.

Que deviennent les familles ?  30 % des ménages délo­gés doivent être réins­tal­lés dans du neuf. Cela pren­dra quelques années. En atten­dant, insiste Gérard Gau­dron, « toutes les familles ont été relo­gées sur place », à l’exception d’une cen­taine qui ont pré­féré par­tir. Le Loge­ment fran­ci­lien a uti­lisé son volant d’appartements inoc­cu­pés : « Avant que les familles ne s’y ins­tallent, nous avons rénové les lieux, en leur deman­dant leur avis. Elles ont eu une sur­face équi­va­lente à celle de leur ancien appar­te­ment », explique Joël Labour.

Quelles consé­quences sur les loge­ments sociaux ? Le Loge­ment fran­ci­lien recon­naît que son taux de vacance (nombre d’appartements dis­po­nibles) est désor­mais nul. Dans le quar­tier des Etangs, cer­taines familles tardent à être relo­gées. « Notre bail se ter­mi­nait en mai, mais l’appartement qui nous est réservé aux Meri­siers est encore occupé », explique Mou­nira, jeune maman qui espère démé­na­ger en décembre.

Quel sera le rythme des recons­truc­tions ? Tous les par­te­naires se réuni­ront en décembre pour mettre sur pied un ave­nant à la conven­tion de 2004. Le docu­ment don­nera un plan­ning plus réa­liste des opé­ra­tions. Il doit aussi affi­ner la loca­li­sa­tion des recons­truc­tions, par­fois encore floue.

Les loge­ments sociaux, enjeu des pro­chaines élec­tions

DÈS LA SIGNATURE de la conven­tion en 2004, l’opposition muni­ci­pale (PS, PRG, Verts, PCF) pro­tes­tait. Pre­mier grief : les 821 loge­ments à recons­truire, 179 le seront hors de la ville. « Pour­quoi pas à Aul­nay où 1 300 demandes sont en attente ? » s’interrogeaient les com­mu­nistes dans un tract en 2005.

Pour les muni­ci­pales de 2008, la réno­va­tion urbaine sera sûre­ment l’un des grands dos­siers en débat. En juillet der­nier, l’élu socia­liste Gérard Ségura s’alarmait de la dimi­nu­tion du nombre de loge­ments sociaux et écri­vait au pré­fet : « Il ne se passe pas une semaine sans que je ne sois inter­pellé par des familles aul­nay­siennes débou­tées de leurs demandes de loge­ment. Les bailleurs ne font plus face », affirme-t-il. Accu­sa­tion reje­tée par la mai­rie, qui bran­dit ses chiffres : en 2007, ses ser­vices ont enre­gis­tré 1 351 deman­deurs contre 1 488 en 2006. Le Loge­ment fran­ci­lien assure de son côté que les opé­ra­tions en cours n’ont « pas d’impact sur les familles ». Même si son taux de vacance (nombre d’appartements dis­po­nibles) est désor­mais nul, et que cer­taines familles tardent à être relo­gées, notam­ment dans le quar­tier des Etangs.

Gwe­nael Bour­donLe Pari­sien édition 93 — 19/11/2007

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