Emploi, Entreprises, Politique

Communiqué d’Alain Boulanger sur le plan PSA

22 juillet, 2012 à 7:00 | Posté par

«  La tris­tesse de la fer­me­ture du site de PSA à Aul­nay est immense, même si la déci­sion parais­sait prise depuis long­temps pour des rai­sons qui cor­res­pondent à une logique d’un sys­tème libé­ral où l’être humain n’a pas la place qui devrait être la sienne. Cela dit, en termes de créa­tion de richesse, ce sys­tème s’est imposé à cet autre modèle né de la révo­lu­tion russe dont l’efficacité n’était en rien com­pa­rable et son mode de redis­tri­bu­tion faus­se­ment éga­li­taire.

Je par­tage cette idée de Chris­tophe Bar­bier qu’il faut pro­duire plus et par­ta­ger mieux.

Le libé­ra­lisme doit ces­ser d’être sau­vage et les règles de répar­ti­tion amé­lio­rées.

Sar­kozy avait trouvé néces­saire de fixer des règles (res­tées sans len­de­main) qui auraient consisté à ce que les résul­tats de l’entreprise soient répar­tis par tiers :

    • à l’actionnariat
    • à l’investissement
    • et aux sala­riés.

Le prin­cipe pou­vait être sédui­sant et rejoi­gnait l’esprit de l’intéressement ima­giné par De Gaulle.

En res­tant mesuré je dirais que les syn­di­cats fran­çais n’ont pas la culture de l’entreprise et ne sont pas prêts de façon consen­suelle à par­ti­ci­per à la vie de l’entreprise dans son volet « pro­duire plus ».

A l’heure de la mon­dia­li­sa­tion de l’économie, d’une façon fron­tale, le mot pro­duc­ti­vité ne doit pas être tabou comme il l’a été récem­ment lors des 48 heures de confé­rence sociale.

Chan­ge­ment de majo­rité ou pas, la crise du sec­teur auto­mo­bile fran­çais était patente depuis quelques années, atté­nuée au début du quin­quen­nat pré­cé­dent par la prime à la casse.

En régime éta­bli, sans ce coup de pouce, la réa­lité éco­no­mique réap­pa­raît bru­ta­le­ment dans un mar­ché qui se réduit et où la pro­duc­ti­vité et donc la com­pé­ti­ti­vité du sec­teur est en berne.

Pen­dant ce temps l’Allemagne, tou­jours elle, a sa balance com­mer­ciale excé­den­taire grâce à ses grandes marques. De toutes façons, il va être facile de repro­cher à Varin et à ses équipes son manque de dyna­misme stra­té­gique com­biné à une volonté exclu­sive de pro­té­ger ses action­naires.

Le site d’Aulnay aura depuis long­temps dis­paru avant que les rai­sons pro­fondes que je viens d’évoquer soient revues dans un sens où l’HOMME soit remis au cœur de toutes nos pré­oc­cu­pa­tions.

Nous nous en éloi­gnons, à cause d’un mal ram­pant qu’est la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie qui rend le sys­tème pro­duc­tif per­vers par un égoïsme démo­niaque.

Aux Assises de la ville, en novembre der­nier, nous avons évo­qué tous les risques aux­quels nous serions confron­tés si l’usine d’Aulnay fer­mait. Ce qui a pu être évo­qué à cette table ronde consa­crée à l’industrie et au com­merce n’a pas encore fait l’objet d’un rap­port dont notre Maire n’a cer­tai­ne­ment que faire, puisqu’il peut aisé­ment se pas­ser de l’apport des autres, quand ce n’est pas de sa propre majo­rité muni­ci­pale. Je doute qu’un jour il puisse pen­ser que dans d’autres esprits que le sien il y ait de la matière à enri­chir les déci­sions qu’il prend au nom de notre Col­lec­ti­vité.

Par ce billet d’humeur, et au risque de rado­ter (mais j’y suis bien obligé), je lui redis qu’il devient urgen­tis­sime de se doter de cette « interco » afin que l’on s’engage rapi­de­ment dans la construc­tion de ce ter­ri­toire de l’Est pari­sien dure­ment tou­ché par la perte de la plus grande usine locale.

Les enjeux ne sont plus com­mu­naux sur­tout à un moment où le dépar­te­ment dis­sout sa struc­ture dévo­lue à l’économie.

Je me prends à rêver que les bonnes volon­tés soient réunies ce qui aurait pour effet d’éviter une sclé­rose intel­lec­tuelle et cla­nique du P.S. dont l’antidote est assu­ré­ment l’écoute et le res­pect des oppo­si­tions et contre-pouvoirs.

Je reste dis­po­nible.  »

Source : Com­mu­ni­qué d’Alain Bou­lan­ger, conseiller muni­ci­pal indé­pen­dant

Articles simi­laires:

Les commentaires sont fermés.