Sécurité

La vidéosurveillance en question

8 mars, 2009 à 4:27 | Posté par Jean-Marc Engelvin

Dans son com­mu­ni­qué de presse du 4 mars 2009, le Parti Radi­cal aul­nay­sien, a appelé « le maire

CameraCamé­ras sous le tun­nel de la gare d’Aulnay-sous-Bois

Gérard Ségura à réunir dans les plus brefs délais des pro­fes­sion­nels (en matière de pré­ven­tion et de sécu­rité) et toutes les sen­si­bi­li­tés poli­tiques pour mettre en place un nou­veau schéma direc­teur de vidéo­sur­veillance urbaine sur l’ensemble du ter­ri­toire aul­nay­sien. ». Le blog « Aul­nay Radi­cal » pré­cise que cet appel a été sus­cité par des agres­sions sur­ve­nues dans un bus de la ligne 615B  –Bobigny-Villepinte– et en centre-ville.

 

Après avoir expé­ri­menté la vidéo­sur­veillance dès les années 70, nos voi­sins d’Outre-Manche ont déve­loppé un pro­gramme de grande ampleur à par­tir du début des années 90. Avec plus de 4 mil­lions de camé­ras ins­tal­lées, la Grande-Bretagne fait figure de lea­der mon­dial dans ce domaine. Or, la Chambre des Lords bri­tan­nique a publié le 6 février der­nier un rap­port inti­tulé « Sur­veillance: Citi­zens and the State », qui porte sur la vidéo­sur­veillance –Clo­sed Cir­cuit Tele­Vi­sion– et la consti­tu­tion d’un fichier ADN.

Le Figaro a fait état de ce rap­port dans un article du même jour au titre évoca­teur: « «Big Bro­ther»: les Lords anglais tirent l’alarme ».

 

Extrait de cet article sur les moda­li­tés de l’avènement d’une « société de sur­veillance »:

 

« Selon le docu­ment, l’avènement de cette « société de la sur­veillance » n’est pas causé par des per­sonnes mal inten­tion­nées, mais par « les effets cumu­la­tifs de déve­lop­pe­ments sépa­rés qui ont été menés pour des motifs appa­rem­ment bénins ». Ces « effets » sont en pre­mier lieu les nom­breux déve­lop­pe­ments tech­no­lo­giques que la Grande-Bretagne a adop­tés sans véri­table débat public. L’objectif du rap­port est donc autant de faire le point sur le déve­lop­pe­ment et l’efficacité de ces tech­niques que de « son­ner le réveil » pour atti­rer l’attention de l’opinion sur ce sujet. »

 

Extrait de cet article sur l’efficacité de la vidéo­sur­veillance:

 

« Selon un pro­fes­seur audi­tionné, la vidéo-surveillance aurait un « impact très limité non seule­ment sur la réduc­tion des crimes, mais tout autant sur la réduc­tion de la peur du crime ». En clair, les rues bri­tan­niques ne seraient ni plus sûres ni plus « sécu­ri­santes ». Un autre cher­cheur audi­tionné estime que les pas­sants et notam­ment les femmes se sentent même moins en sécu­rité dans les lieux truf­fés de camé­ras. Le rap­port cite égale­ment une méta-étude, qui sou­ligne que sur 22 études menées, 11 met­taient en évidence un effet posi­tif sur le crime, 5 un effet néga­tif et 6 un effet nul ou incertain. La CCTV (Closed-Circuit Tele­vi­sion) aurait égale­ment des effets dif­fé­rents selon les délits et les lieux. Elle aurait ainsi beau­coup moins d’effet sur les vio­lences aux per­sonnes que sur les vols de voi­tures.

De même, pas d’effet notable dans les centres villes, mais une baisse des crimes dans les par­kings. En clair, il n’est pas sûr que la CCTV ait plus d’effet sur la cri­mi­na­lité qu’un bon éclai­rage public, en termes de pré­ven­tion, le rap­port ne niant pas son uti­lité ponc­tuelle dans le cadre des enquêtes. Le rap­port pré­co­nise donc une étude plus pous­sée sur son effi­ca­cité en terme de pré­ven­tion, de détec­tion et de réso­lu­tion des crimes, ainsi que la mise en place d’une véri­table régu­la­tion des camé­ras, qu’elles soient publiques ou pri­vées.»

 

Videosurveillance

La « méta-étude » citée par Le Figaro a été publiée par une direc­tion du Home Office –alter ego de notre Minis­tère de l’Intérieur– bri­tan­nique en 2005. Elle fait appa­raître que la vidéo­sur­veillance n’est pas une arme abso­lue contre la délin­quance et que sa mise en œuvre et son exploi­ta­tion mobi­lisent des moyens humains et maté­riels impor­tants.

 

L’hebdomadaire « Marianne » et le quo­ti­dien bri­tan­nique « The Guar­dian » ont pour leur part pris réso­lu­ment parti contre la vidéo­sur­veillance.

 

Pre­nons donc garde à ne pas favo­ri­ser dans notre ville l’avènement de la « société de sur­veillance » poin­tée par les Lords de Sa Gra­cieuse Majesté et déter­mi­nons sans pré­ju­gés une poli­tique de sécu­rité équi­li­brée.

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10 Réponses à “La vidéosurveillance en question”

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Un beau gâchis de fonds en pers­pec­tive, il est éton­nant que cer­tains puissent encore croire que les camé­ras puissent être la pana­cée.
La pré­sence de camé­ras dans le centre gare n’a jamais empê­ché les bandes de se réunir, par contre la pré­sence de poli­ciers à pieds oui (Je plai­sante, le plus sou­vent ils passent très vite en voi­ture, sans giro­phare ni sirène, ils ne veulent pas avoir l’air de déran­ger je sup­pose)
Alors pas de solu­tion pour les bus ?
Et bien si : Plus utile que le four­gon farci de contrô­leur des heures creuses il y a le duo « Machi­niste + Contrô­leur », je sais, c’est un peu révo­lu­tion­naire pour une idée du début du 20e siècle.
Détail : Il est absurde que le Machi­niste ait à tenir une caisse, alors qu’un bête mon­nayeur serait plus sécu­ri­sant.
Pour reve­nir aux camé­ras, elles seront très utile pour ajou­ter au pro­cès ver­bal : « L’agresseur avait le visage mas­qué »

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Concer­nant le vol de la caisse du bus 615 (il n’y a plus de ligne 615b depuis quelques temps déjà) dans la nuit de samedi à dimanche. Pour votre infor­ma­tion les bus de la TRA sont équi­pés de la vidéo sur­veillance, et le bus en ques­tion en était équipé.
Y a t’il un rôle de pré­ven­tion de la vidéo sur­veillance visi­ble­ment non, cela per­met­tra t’il de faire avan­cer l’enquête de la police natio­nale, seul l’avenir nous le dira.

frank cannarozzo | 11 mars, 2009 à 13 h 31 min
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moi qui ait eu la charge d’installer la vidéo sur­veillance sait bien que cela n’est pas la pana­cée. je l’avais d’ailleurs écrit dans oxy­gène à l’époque. c’est un outil parmi d’autre qui a son effi­ca­cité dans cer­tains lieux et sous cer­taines condi­tions. encore faut-il donc ins­tal­ler le sys­tème au bon endroit et le faire focn­tion­ner dans de bonnes condi­tions.
il ne faut pas avoir de reli­gion dans ce domaine mais juste une limite : pas de camé­ras dans les zones exclu­si­ve­ment rési­den­tielles (pavillons ou immeubles).

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Merci Franck pour ce com­men­taire sans langue de bois, Cer­tains blogs Aul­nay­siens auraient du vous consul­ter avant d’écrire nim­port­na­wak.

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j’ai tou­jours pré­féré défendre bec et ongles mon point de vue plu­tôt que la langue de bois. je sais aussi être prag­ma­tique, or dans ce dos­sier beau­coup font de l’idéologie. la vidéo est vrai­ment utile mais elle ne sait pas tout faire, comme n’importe quel autre outil tech­no­lo­gique. c’est pour­tant facile de le com­prendre. la seule vraie dis­cus­sion est quelle limite se fixe-t-on dans son implan­ta­tion (cela pou­vant aller de 0 à xxx). j’ai donné la mienne, elle est simple. il serait utile plu­tôt que cha­cun dise « j’aime, j’aime pas », « je veux ‚je veux pas », que cha­cun décrive la sienne. c’est là qu’un accord est pos­sible…

Jean-Marc Engelvin | 16 mars, 2009 à 14 h 15 min
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Merci pour la mesure de vos com­men­taires.
Il pour­rait être utile de connaître le bud­get consa­cré à la vidéo­sur­veillance dans notre ville ainsi que ses moda­li­tés de fonc­tion­ne­ment.

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pour le bud­get voici les chiffres à quelques dizaines d’euros près :
inves­tis­se­ment : envi­ron 500 000 € pour le poste de com­man­de­ment, le réseau de fibre et les 28 pre­mières camé­ras.
entre­tien : envi­ron 30 000 € par an
pour ce qui est des condi­tions de fonc­tion­ne­ment, elles sont fixées par la loi:
le local n’est acces­sible qu’au per­son­nel asser­menté.
l’assermentation est nomi­na­tive et donné par le pré­fet.
les images sont cryp­tées et copiées sur un disque dur inac­ces­sible.
seules les images regar­dées par des agents asser­men­tés et cryp­tées sont valables sur le plan judi­ciaire.
les images sont conser­vées au plus un mois et sont auto­ma­ti­que­ment écra­sées.
seules les images récu­pé­rées par la police ou la gen­dar­me­rie natio­nale dans le cadre d’une enquête sont conser­vées au delà de ce délai.
toutes les zones pri­vées sont cachées de façon dyna­mique et inamo­vible sur les images.
toute per­sonne a le droit de visua­li­ser les images qui la concerne dans le cadre du droit à l’image.
je pense ne rien avoir oublié. je reste à votre dis­po­si­tion pour plus de ren­sei­gne­ments!

Cher Franck,
Vous avez effec­ti­ve­ment « oublié » quelques « dizaines d’Euros ». En effet le conseil muni­ci­pal du 28 juin 2007 a voté un bud­get d’investissement de 1 mil­lion d’Euros par an pour la vidéo-surveillance (la muni­ci­pa­lité com­pre­nait 24 caméra à l’époque). Ce bud­get ne com­pre­nais pas les frais de fonc­tion­ne­ment.
Pour­quoi tentez-vous de mino­rer la réa­lité de votre inves­tis­se­ment, et si vous n’avez pas investi les sommes déga­gées, pour­quoi cette recu­lade ?
Com­bien d’affaires ont-elles été réglées par ces camé­ras au bud­get qui n’est tout de même pas négli­geable ? Il me semble que cela n’a eu d’utilité judi­ciaire seule­ment pour deux affaires. Confirmez-vous cela ? Avec ce bud­get, com­bien de postes de poli­cier de proxi­mité peuvent être crées ?
Com­bien de per­sonnes ont-elles fait valoir leur « droit à l’image » et com­ment sait on que l’on a été filmé ?

frank cannarozzo | 18 mars, 2009 à 13 h 56 min
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Hervé vous confon­dez deux choses :
le sys­tème actuel­le­ment ins­tallé coute ce que j’ai dit.
par ailleurs nous avons effec­ti­ve­ment voté une enve­loppe d’1 mil­lion par an en juin 2007. cela devait ser­vir à l’extension du réseau. cette exten­sion com­pre­nait notam­ment les tra­vaux de cablage les plus cou­teux (relier bala­gny ou chan­te­loup ou le com­mis­sa­riat au reste du réseau de fibre. ces tra­vaux sont très lourds. mais ils sont aussi utile comme boucle pour la voix et les datas, ce qui fait par ailleurs des écono­mies.
l’extension visait la sur­veillance des équi­pe­ments muni­ci­paux, prin­ci­pa­le­ment les sites spor­tifs, puis les grands car­re­fours rou­tiers de la ville, une bonne tren­taine de caméra si je me sou­viens bien.
la réa­lité est donc clair. je vois mal com­ment je pour­rais reculé sur quelque chose qui n’a pas été enga­gée, chan­ge­ment de majo­rité oblige. l’actuelle majo­rité n’a rien pour­suivi, je ne crois pas qu’on puisse m’en tenir res­pon­sable.
pour ce qui est du règle­ment d’ »affaires », je vous donne en vrac ce dont je me sou­viens :
une affaire de stu­pé­fiant dans le parc Dumont (l’individu plan­quait la mar­chan­dise dans ses talons)
une affaire de tags dans le sou­ter­rain de la gare
une affaire d’agression d’un prof devant le col­lège De Pisan
une affaire d’incendie de maga­sin, rue de Pimo­dan
une affaire de dégra­da­tion de locaux muni­ci­paux sur la place Laen­nec
une affaire d’affichage dif­fa­ma­toire dans le sou­ter­rain de la gare
pour les suites judi­ciaires, ce sont les ser­vices de police et les plai­gnants qui pour­rait dire si cela a été concluant.
je rap­pelle tout de même que c’est avant tout un moyen de dissuasion,il doit éviter les inci­dents. dans ce cadre, l’outil aplu­tôt donné de bons résul­tats sur cer­tains lieux. ce fut par exemple le cas du par­king Dumont pour lequel nosu avions sans cesse des plaintes pour casse de vitres de voi­ture. après la vidéo, plus rien. tou­te­fois, cela n’a pas été le cas par­tout, ce n’est pas un outil « miracle » mais juste un outil.
on ne peut pas com­pa­rer cela à des poli­ciers. un inves­tis­se­ment, c’est ponc­tuel et cela s’amortit. les poli­ciers reçoivent un salaire et vous avez com­bien la masse sala­riale à Aul­nay est déjà forte. les camé­ras fonc­tion­ne­ment 24h/24 alors qu’il faut 3 poli­ciers pour cou­vrir 24h. à envi­ron 30 000 € par an (charges com­prises), faites le cal­cul. enfin ce que l’oeil humain loupe dans ce type d’affaire et irré­cu­pé­rable, la caméra elle même si elle ne sait pas ce qu’elle voit, l’a bien enre­gis­tré, ce qui per­met jus­te­ment une exploi­ta­tion ulté­rieure au fait. très très grande dif­fé­rence.
enfin je n’ai pas la réponse à votre ques­tion concer­nant le droit à l’image. mais des pan­neaux aux entrées de la ville sti­pule ce droit.
rien n’est donc ni minoré ni caché, la ques­tion de Jean-Marc por­tait sur le bud­get consa­cré, donc celui déjà engagé, le reste ne l’est pas par l’actuelle majo­rité. cela est-il clair ?

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Pour pour­suivre la réflexion sur le fond du dos­sier, je vous pro­pose de lire une étude de l’institut d’aménagement et d’urbanisme que j’ai mis en ligne sur mon blog :
http://alainamedro.rsfblog.org/archive/2009/03/20/video-surveillance-comprendre-les-enjeux.html
Bien cor­dia­le­ment
Alain Amé­dro

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