Economie, Environnement, Social

Les sans papiers qui traitent vos déchets sont en grève

29 août, 2008 à 2:20 | Posté par

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Depuis une semaine, une quin­zaine de tra­vailleurs sans papiers sont en grève et occupent le centre de trai­te­ment des déchets SYTCOM de Romain­ville. Ces tra­vailleurs sont employés par l’entreprise trans­na­tio­nale URBAISER, pré­sente dans une ving­taine de
pays, qui est exploi­tante du centre de Romain­ville par délé­ga­tion de
ser­vice public, suc­cé­dant à VEOLIA sur ce lieu.

Depuis donc une semaine les déchets s’entassent et la CGT qui sou­tient ces tra­vailleurs tente d’alerter les élus et res­pon­sables. De nom­breux élus se sont ainsi mani­fes­tés et le pré­sident du SYCOM est inter­venu (pour seule­ment six tra­vailleurs) auprès de la pré­fec­ture, sans suc­cès jusque là. Pour le moment à Aulnay-sous-Bois seul le site web de la LCR reprend cette infor­ma­tion.

Le com­plexe de Romain­ville est consti­tué d’un centre de trans­fert des ordures ména­gères et d’une unité de tri des col­lectes sélec­tives et des objets encom­brants. Notre com­mune est l’une des 85 adhé­rente du syn­di­cat de trai­te­ment des déchets SYCTOM, et les déchets usuels, sélec­tifs et encom­brants d’Aulnay-sous-Bois sont tous trai­tés au centre de Romain­ville (voir les « bas­sins ver­sants » sur le site du SYCTOM).

Ce com­bat fait impla­ca­ble­ment pen­ser à celui des 14 sans papiers de l’entreprise SANIR et PLMT à Pavillon-sous-bois, sala­riés empoi­son­nés à l’amiante et au plomb, livrés à eux même après le dépôt de bilan de la société (Lire l’aricle consa­cré sur Bon­dy­Blog). D’autres ver­rons un rap­pro­che­ment avec l’affaire. des sans papiers tra­vaillant sur le chan­tier du centre de déten­tion réten­tion du Mesnil-Amelot.

Hervé Suau­deau

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3 Réponses à “Les sans papiers qui traitent vos déchets sont en grève”

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Ce conflit est emblè­ma­tique pour les ques­tions qu’il sou­lève : le SYTCOM qui concerne, rappelons-le 83 com­munes de la RP dont la majo­rité est diri­gée par le pS, le PC ou les verts devrait être un ser­vice public exem­plaire pour les condi­tions sociales d’emploi. Le ser­vice public a été concédé à des mul­ti­na­tio­nales par ces com­munes qui sont pré­oc­cu­pées ni par les condi­tions d’emplois des sala­riés (sou­vent dan­geu­reuses), ni du res­pect du code du tra­vail, ni par le res­pect des règles écolo­giques.

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Rocard avait déclaré « Nous ne pou­vons pas accueillir toute la misère du monde ». Sauf qu’il avait rajouté « mais nous devons en prendre notre part ». Ajout volon­tai­re­ment biffé j’en conviens par la droite.
Mais com­ment évaluer cette fameuse « part » que nous devons sup­por­ter? 1 mil­lion? 5 mil­lions? 15?
Il existe des voies légales pour émigrer vers la France — je ne parle que des moti­va­tions écono­miques, pas des réfu­giés poli­tiques — or régu­la­ri­ser mas­si­ve­ment des sans-papier, revient à rendre caduque ces voies légales: il suf­fit de s’introduire sur le ter­ri­toire euro­péen (et dans la zone Schen­gen), de trou­ver un tra­vail et un loge­ment grâce à un réseau de complices/compatriotes, vivre dis­cré­te­ment durant plu­sieurs années et/ou faire des enfants qui de facto deviennent fran­çais, puis récla­mer un beau jour sa régu­la­ri­sa­tion en fai­sant une grève de la faim.
Les socia­listes espa­gnols avaient régu­la­risé 700.000 tra­vailleurs clan­des­tins (et seule­ment eux; les assoc anti-racistes avaient dénoncé le fait que les non tra­vailleurs étaient eux, mena­cés de recon­duite à la fron­tière) et aujourd’hui, le même gou­ver­ne­ment pré­co­nise le retour au pays volon­taire.
Le ministre com­mu­niste de la Soli­da­rité du gou­ver­ne­ment Prodi avait pro­cédé à la régu­la­ri­sa­tion de près de 500.000 tra­vailleurs clan­des­tins
En France, le patron de l’Union des métiers et de l’Industrie de l’hôtellerie avait réclamé la régu­la­ri­sa­tion de pas moins de 100.000 tra­vailleurs clan­des­tins, suite aux grèves fomen­tées par des sans-papier bos­sant dans je ne sais plus quel resto.
Res­tons cohé­rent. Si nous régu­la­ri­sons mas­si­ve­ment, comme le pré­co­nise l’extrême-gauche, c’est l’explosion de notre société toute entière: les popu­la­tions arri­vant et qui béné­fi­cie­raient en plus du regrou­pe­ment fami­lial mas­sif, ne cher­che­raient pas spé­cia­le­ment à s’intégrer comme ne le firent pas les 1ers immi­grés en France des années ’60, puisque per­sonne ne s’attendaient à ce qu’ils res­tent; et nous aurions de plus en plus de « ghet­tos ».
La logique ne serait-elle pas plu­tôt de sou­te­nir le déve­lop­pe­ment écono­mique, poli­tique et social des pays des­quels partent ces can­di­dats à un illu­soire eldo­rado, plu­tôt que d’inciter car­ré­ment la main d’oeuvre « de base » à venir bos­ser sur le sol euro­péen?
Les syn­di­cats et l’extrême-gauche ne se rendent pas compte qu’en récla­mant la régu­la­ri­sa­tion de tous les sans-papier, ils font fina­le­ment le jeu du patron­nat.

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@Romuald
des images valent mieux qu un long dis­cours pour vous expli­quer le conflit:
Une vidéo sur la luttes des tra­vailleurs de SYTCOM
http://www.dailymotion.com/video/x6mk3g_grevistes-a-la-dechetterie-de-romai_news

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