Agenda, Culture

Exposition « du trait au buste »

25 novembre, 2007 à 17:19 | Posté par

L’école d’art Claude Monet et l’hôtel de ville d’Aulnay sont les par­rains d’une superbe expo­si­tion dans les salons de ce der­nier inti­tu­lée « du trait au buste ».

Le titre résume bien le concept sous-tendant l’unité logique de l’exposition, soit com­ment les artistes passent (ou inver­se­ment, ou pas) du trait au buste, com­ment le sculp­teur peint ou le peintre sculpte, la vision de l’artiste est-elle inhé­rente au sup­port, l’œil est-il le même ?…
Expo_trait L’affiche de l’exposition pré­sente ainsi les deux faces d’un même artiste, Gar­gallo, épou­sant ce ques­tion­ne­ment : une sculp­ture très aérienne repré­sen­tant Cha­gall et un auto­por­trait à l’encre.
Autres grands créa­teurs à voir dans cette expo­si­tion où sont confron­tés des por­traits des­si­nés avec des têtes et des bustes d’un même artiste, Picasso, Zad­kine ou Bour­delle.
Vous plon­ge­rez aussi dans le tra­vail de nom­breux artistes moins connus du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui, où beau­coup d’écoles sont repré­sen­tées : le réa­lisme clas­sique de Wlé­rick, Des­piau ou Paul Lan­dowski (le père du musi­cien  Mar­cel Lan­dowski), le cubisme donc avec Picasso, la sty­li­sa­tion géo­mé­trique et l’inspiration des masques
afri­cains avec Le Cor­bu­sier, l’art brut avec Gas­ton Chais­sac, l’existentialisme de Gia­co­metti ou Ger­maine Richier, la
nou­velle figu­ra­tion d’Arroyo, jusqu’aux artistes contem­po­rains Yve­line
Tro­péa, Yan Pei-Ming, Agnès Baillon, qui ques­tionne l’utilisation du socle, ou bien
Arnulf Rai­ner revi­si­tant l’aspect for­mel du buste clas­sique à par­tir de
celui de Gus­tave Cour­bet par Dalou.
La gale­rie de per­son­nages est extra­or­di­nai­re­ment variée. En outre, l’exposition per­met aussi, au delà des seuls arts plas­tiques, une plon­gée dans le Paris des intel­lec­tuels du début du XXème siècle.
Par exemple, Picasso se trouve à la croi­sée des ren­contres avec Paul Eluard. Coc­teau lui a cro­qué le por­trait, par­fois sur un coin de table, sur un car­net de cro­quis (et dont la Ville pré­sente les ori­gi­naux)… Cer­taines œuvres repré­sentent d’autres per­son­nages célèbres comme Ana­tole France ou Bee­tho­ven par Bour­delle, Bau­de­laire par Duchamp-Villon, ainsi que Jean Genet par Fenosa. D’autres bustes sont des auto­por­traits.

La muséo­gra­phie est bien pen­sée, l’espace du lieu d’exposition bien que petit est par­fai­te­ment exploité. Bien sûr quelques défauts de ces mêmes qua­li­tés sont pré­ju­di­ciables, comme le fait de ne pou­voir tour­ner autour de la majo­rité des sculp­tures pour per­ce­voir tous les détails de dos et se repré­sen­ter la vision à 360 degrés de l’artiste, une vue d’ensemble bien appré­ciable, mais la prio­rité au vu de la thé­ma­tique est bien de mettre en regard, en miroir, les sculp­tures et les des­sins, et c’est sans doute pour cela que ces der­niers sont sou­vent accro­chés au mur au-dessus des bustes, tel un reflet, tan­dis qu’eux collent aux murs.
La pièce paraît en tout cas habi­tée et la com­pa­gnie étant char­mante l’ensemble est une réus­site, à son échelle.
Une expo­si­tion à voir et à revoir puisque l’entrée est libre, tous les jours de 14h à 18h jusqu’au 9 décembre.

Jean-Gauthier Quin­tard

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