Démocratie, Sécurité

Succès de la marche républicaine de samedi

6 novembre, 2005 à 21:33 | Posté par Jérôme Charré

Samedi, à l’initiative du maire d’Aulnay-sous-Bois, Gérard Gau­dron, une marche répu­bli­caine contre les vio­lences urbaines avait été orga­ni­sée. Entre 500 et 2 000 per­sonnes, Aul­nay­siens pour la grande majo­rité d’entre eux, et habi­tants du quar­tier Ambour­get pour la plu­part s’étaient retrou­vées à la caserne des pom­piers. Seul bémol à cette marche est la trop faible pro­por­tion de jeunes. Peut-être l’illustration du fossé géné­ra­tion­nel ?

Notons au pas­sage, la pré­sence très remar­quée des médias qui couvrent depuis plu­sieurs jours main­te­nant notre ville habi­tuel­le­ment plus tran­quille. Ceux-ci, fran­çais mais aussi étran­gers, ont pro­fité de l’occasion pour inter­vie­wer élus et habi­tants avant et pen­dant la marche.

La marche a com­mencé avec un bref dis­cours du maire appe­lant à un retour rapide au calme. Il s’est suivi de l’entonnement de La Mar­seillaise. Puis, les nom­breux par­ti­ci­pants ont défilé dans le quar­tier où l’on pou­vait voir le triste spec­tacle des ces ter­ribles nuits de vio­lences gra­tuites contre le bien d’autrui ou de tous. Néan­moins, à un moment, mon regard s’est porté sur quelques gardes-murs qui sem­blaient sur­pris par cette mani­fes­ta­tion popu­laire orga­ni­sée de manière quasi-spontanée.

Puis, le cor­tège a rejoint la caserne où un nou­veau dis­cours du pre­mier édile de la ville a conclu cette réunion. Les par­ti­ci­pants ont ensuite dis­cu­tés en petits groupes, cer­tains ont été inter­viewés. Un suc­cès pour cette ini­tia­tive répu­bli­caine.

Jérôme Charré

Articles simi­laires:

6 Réponses à “Succès de la marche républicaine de samedi”

commenter

C’était une marche qui condam­nait les émeutes, ou bien une marche qui « deman­dait à la jeu­nesse des ban­lieues de, s’il lui plaît, réduire les mani­fes­ta­tions les plus mili­tantes de sa légi­time mani­fes­ta­tion de colère » ?

commenter

Il semble que la marche répu­bli­caine ne se soit pas pas­ser si sim­ple­ment que cela. A lire l’article de Libé­ra­tion de ce lundi 7 novembre.
Marche à Aul­nay en rangs divi­sés
Samedi matin, cer­tains défi­laient contre les cas­seurs, d’autres leur trou­vaient des rai­sons.
par Mat­thieu ECOIFFIER
QUOTIDIEN : lundi 07 novembre 2005
Que faire pour cal­mer le jeu ? Gérard Gau­dron, le maire (UMP) d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, comp­tait sur une marche, samedi matin, pour mobi­li­ser la popu­la­tion. Et notam­ment dans les cités. Ils étaient six cents au rendez-vous devant la caserne des pom­piers. Mais, entre les adultes venus des pavillons d’Aulnay sud et ceux de la cité des 1000–1000 d’Aulnay nord, juste en face, la façade «répu­bli­caine» a vite volé en éclats. Quand les uns mani­festent contre les vio­lences des cas­seurs, les autres n’oublient pas celles de la police et la ségré­ga­tion sociale dont ils s’estiment vic­times comme leurs enfants.
La «frac­ture» sur­git lorsque, après le dis­cours du maire, une poi­gnée d’élus, d’agents muni­ci­paux, de com­mer­çants entonnent la Mar­seillaise. Des remous agitent la foule : les habi­tants de la cité prennent l’hymne pour une insulte car ils ont le sen­ti­ment que cela «amal­game les parents de cas­seurs à des étran­gers». «C’est pas le moment de sor­tir l’étendard ! Nos grands-parents étaient à Ver­dun ensemble, pro­teste, en pleu­rant, Jean-Pierre, 62 ans, méca­ni­cien à la retraite. Je suis là par soli­da­rité. Si j’avais 40 ans, je serais encore plus concerné.» Il fra­ter­nise avec Ben Amar, 64 ans, et «quarante-deux ans de ser­vice dans le BTP à 800 euros par mois. Qui a fait le métro, le tun­nel sous la Manche ? C’est nous ! Les étran­gers, c’est ceux qui nous gou­vernent !», dit-il. Chez les adultes des cités, cette Mar­seillaise passe aussi mal que les pro­pos de Sar­kozy. «Il veut nous laver au Kär­cher, c’est avec ça qu’on net­toie la merde des chiens, non ?», dénonce Mehdi, un père de famille. Un camion de pom­piers au pare-brise frac­turé passe. Il est applaudi.
La marche, emme­née par les élus, tra­verse la rue de Mitry pour faire un petit tour dans la cité des 1000–1000 aux immeubles bas et décré­pis. Des places de par­king à l’asphalte brûlé et une car­casse de camion­nette rap­pellent les «événe­ments» des nuits de mer­credi et jeudi.
Dans les rangs, il y a ceux qui sont venus mani­fes­ter contre les cas­seurs. «Le pro­blème, c’est qu’on n’est pas assez répres­sifs. Il faut envoyer l’armée un bon coup, explique Syl­vie, cais­sière, la qua­ran­taine. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, il faut arrê­ter ce délire. Je veux bien vivre avec tout le monde, mais il faut que les gens soient res­pec­tueux.» Le cor­tège passe devant le foyer club du Hameau, car­bo­nisé. «On n’est pas près de reve­nir dan­ser ici, lâche Claude, une sep­tua­gé­naire BCBG. Quel gâchis ! Pour­tant Aul­nay sud fait beau­coup pour Aul­nay nord et les défa­vo­ri­sés.» «Les familles des per­sonnes res­pon­sables ne sont pas là. Ils rigolent à leurs fenêtres, dénonce Pierre, 48 ans, peintre en bâti­ment. La police n’est pas épau­lée par la jus­tice, les peines ne sont pas assez sévères. Il faut dix ans de bou­lot pour se payer une voi­ture neuve et ils prennent deux mois de pri­son pour l’avoir brû­lée.» Alain, pré­sident du club des entre­prises, ne com­prend pas : «Brû­ler la conces­sion Renault, c’est mettre 100 per­sonnes au chô­mage tech­nique, et pour la plu­part ce sont des gars des cités.» «On sait bien que cela va retom­ber sur nous. Cette casse, c’est lamen­table. Est-ce que ça va s’arrêter ou deve­nir un mode de vie ?», s’inquiète Sofiane, père de famille. «A Aul­nay, 70 jeunes se sont fait arrê­ter. Ils vont faire deux mois de pri­son, des mau­vaises fré­quen­ta­tions et reve­nir avec la haine. Il vau­drait mieux leur faire faire des chan­tiers et des for­ma­tions, explique Mou­rad, un média­teur. Et pour­quoi fer­mer le foot en salle à 11 heures du soir, alors que le lais­ser ouvert jusqu’à 1 heure du mat per­met­trait d’occuper les jeunes ?»
D’autres sont tiraillés. «Je suis là contre toutes les vio­lences, celles des jeunes et de la police. Les petits de 14 –15 ans virés de l’école font des pro­blèmes, mais pas la majo­rité des jeunes. Et pour­tant cer­tains sont agres­sés par la police et subissent une dis­tinc­tion [au faciès, ndlr]», regrette dou­ce­ment un père de famille avec une toque de musul­man pra­ti­quant.
C’est sur ces anciens que la mai­rie compte pour apai­ser la situa­tion. Encore faut-il les convaincre. Beau­coup d’entre eux sont aussi vic­times de dis­cri­mi­na­tions. Ils com­prennent la révolte des jeunes, même s’ils réprouvent les vio­lences.
Rachid, 29 ans, bou­lan­ger : «On est là pour s’intégrer, tra­vailler, on habite dans la cité et nous, les adultes, on nous prend pour des racailles. J’ai un BTS de pâtisserie-chocolaterie. A la bou­lan­ge­rie, un peu plus loin, mon patron m’a viré trois fois. Je vou­lais un CDI, il ne veut pas me décla­rer. Je suis le bouche-trou. Du coup, je cherche un poste de ven­deur, mais ils ne prennent que des femmes : je suis passé du racisme au sexisme.»

Juste un rec­ti­fi­ca­tif. La Mar­seillaise n’a pas été enton­née par les élus mais elle a été com­mencé par la foule et reprise par les élus.

commenter

la répres­sion n’est pas la solu­tion
Pour ceux qui pen­saient qu’on étaient en démo­cra­tie, on a aujourd’hui la preuve du contraire : pro­cès arbi­traires, jus­tice expé­di­tive (voir //paris.indymedia.org). Police par­tout, jus­tice nulle part. L’état réprime une situa­tion qu’il a lui-même créé en impo­sant un sys­tème capi­ta­liste basé sur l’opression et l’exploitation. L’état montre son vrai visage tota­li­taire de chien poli­cier du sys­tème capi­ta­liste. l’état poli­cier est cou­pable, il faut le détruire. Natu­rel­le­ment, ce serait mieux de brû­ler le medef, l’elysée, mati­gnon et le minis­tère de l’intérieur que de bru­ler la bagnole d’un autre exploité du sys­tème. Mais pour cela il fau­drait qu’un peu plus de gens qui ne vivent que de leur bou­lot prennent concience de leur condi­tion d’esclave. En atten­dant on pour­rait dénon­cer par toutes les formes pos­sibles ces pro­cès arbi­traires et ces couvre-feux fas­cistes.

commenter

David,
Merci de l’info.
Poly­son,
Et si tu allais vivre dans le para­dis d’humanisme col­lec­ti­viste qu’est la Corée du Nord stp ?!
Ou dans le pays authen­ti­que­ment anar­chiste (sans Etat ni police) qu’est la Soma­lie ?!

commenter

Je prie cha­cun d’entre vous de modé­rer ses pro­pos.

Répondre:

Nom (obligatoire, SVP évitez les pseudos):
E-mail (non publié) (obligatoire):
Site web:
Commentaire (obligatoire):
XHTML: Vous avez le droit d'utiliser ces tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>