Fêtes et cérémonies, Loisirs

Un menuisier de la ville obtient une médaille d’or au Concours Lépine

8 juillet, 2005 à 9:44 | Posté par

Le jour, Pas­cal Guillaume est menui­sier aux Ser­vices tech­niques d’Aulnay. Le soir, il se méta­mor­phose en un for­mi­dable inven­teur. Un soir, il râlait de voir le temps libre de ses enfants mono­po­lisé par les consoles de jeux. C’est alors qu’il décide d’inventer des jeux dans la plus vieille et plus noble des matières, le bois. Une matière qu’il connaît si bien.

Son cer­veau com­mence dès lors à four­miller. Sa pre­mière idée vient de ses sou­ve­nirs d’enfance. La cour d’école et les jeux de bille l’inspirent… L’idée devient jeu. Seule­ment voilà, les enfants jouent aux billes en exté­rieur de mai à octobre.

Alors, pour remé­dier à cette courte sai­son, Pas­cal Guillaume invente le pre­mier pla­teau de jeu de bille d’intérieur. Sorte alors de son esprit et de son ate­lier l’Athlépiste, le Bi-bille. C’est encore grâce à sa mémoire d’écolier qu’il invente le Tikaré. Son troi­sième jeu lui vau­dra une médaille d’or au concours Lépine édition 2005. Le prin­cipe de ce jeu est simple. Sur une feuille, les joueurs tracent les uns après les autres des bâtons. Le pre­mier qui par­vient à des­si­ner un carré marque un point. Pas­cal a adapté ce passe-temps ances­tral en rem­pla­çant la feuille par un beau pla­teau en bois rai­nuré, les traits de crayon par des petits mor­ceaux de bois qu’on glisse dans les rai­nures.

Une fois ces trois jeux conçus et recon­nus par ses proches, il ne s’arrête pas là, pas en si bon che­min. Son entou­rage le presse de faire connaître à plus grande échelle ses inven­tions. Pas­sage obligé à l’INPI pour garan­tir la pro­priété intel­lec­tuelle de ces réa­li­sa­tions, puis il tente un essai au concours Lépine de la Foire de Paris. Et c’est un coup de maître puisque les trois jeux sont sélec­tion­nés, pré­sen­tés et récom­pen­sés en 2004.

Cette année, il est revenu suite aux fruits d’une ren­con­trea­vec une ver­sion du Tikaré adapté aux aveugles et per­sonnes mal voyantes. « L’an passé, une per­sonne membre d’une asso­cia­tion de mal voyant est resté près d’un quart d’heure devant le Tikaré. Intri­gué nous avons fait connais­sance. Elle pen­sait à une ver­sion pour aveugle. Je me suis attelé à la tache avec le concours du direc­teur de la biblio­thèque sonore d’Aulnay-sous-Bois », explique Pas­cal Guillaume.

Et à nou­veau l’investissement est récom­pensé, mais cette fois par une médaille d’or. Aujourd’hui, Pas­cal Guillaume vou­drait com­mer­cia­li­ser ses inven­tions. Mal­heu­reu­se­ment, le monde des affaires n’est déci­dé­ment pas celui des enfants, ou des inven­teurs. « Si de nom­breuses entre­prises sont inté­res­sées, elles hésitent pour autant à inves­tir », déclare-t-il.

S’il par­vient à atteindre ce nou­veau chal­lenge, et c’est tout le mal qu’on espère pour lui, Pas­cal Guillaume sou­haite, avec les béné­fices, venir en aide aux enfants défa­vo­ri­sés, au moment de Noël, en leur offrant des cadeaux ou en finan­çant des licences de sport. Un sou­hait qui s’explique par son passé de foot­bal­leur au Red Star.

Jérôme Charré

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