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Le bras de fer continue entre les salariés et Enci

7 juillet, 2005 à 12:31 | Posté par

Alors que la grève des sala­riés du sous-traitant Enci se pour­suit depuis main­te­nant seize jours, Marie-George Buf­fet, secré­taire natio­nale du PCF et dépu­tée de Seine-Saint-Denis, est venue hier après-midi devant l’usine PSA d’Aulnay appor­ter son sou­tien aux gré­vistes ainsi qu’à Phi­lippe Julien, secré­taire CGT du site, menacé de licen­cie­ment.

En effet, ce der­nier a reçu, le 1er juillet, une convo­ca­tion pour un entre­tien préa­lable à son licen­cie­ment. Employé comme tech­ni­cien pour le groupe auto­mo­bile depuis 1981 et syn­di­ca­liste depuis plus de vingt ans, le mili­tant soup­çonne sa direc­tion de vou­loir lui faire payer son enga­ge­ment auprès des gré­vistes d’Enci. La direc­tion assure que les griefs repro­chés à Phi­lippe Julien « n’ont rien à voir avec l’exercice du droit syn­di­cal ». Depuis, une péti­tion de sou­tien à Phi­lippe Julien a été lan­cée dans l’usine par la CGT, la CFDT et SUD.

Marie-George Buf­fet a dénoncé « la grande pré­ca­ri­sa­tion avec de très bas salaires » chez les sous-traitants du groupe auto­mo­bile et a jugé « inac­cep­table que la direc­tion de PSA s’attaque à un res­pon­sable syn­di­cal ». La dépu­tée s’est enga­gée à faire part de ses inquié­tudes au ministre de l’Emploi, Jean-Louis Bor­loo.

Néan­moins, les 43 sala­riés gré­vistes ont obtenu une pre­mière vic­toire devant le tri­bu­nal de Bobi­gny. En effet, leur employeur les avait assi­gnés en référé pour occu­pa­tion « illé­gale ». Ce der­nier deman­dait leur expul­sion. Le juge des réfé­rés n’a relevé « ni l’existence d’un trouble mani­fes­te­ment illi­cite », « ni l’éventualité d’un dom­mage immi­nent ». « La demande d’expulsion sera reje­tée », conclut-il. L’avocate d’Enci n’a pas sou­haité faire de com­men­taires, igno­rant encore si son client dési­rait faire appel de ce ver­dict. De leur côté, les gré­vistes sont gal­va­ni­sés par la nou­velle.

Depuis plus de deux semaines, ces mécon­tents, dont la rému­né­ra­tion pla­fonne à 950 € men­suels pour les équipes de jour et 1 250 € pour celles de nuit, réclament une aug­men­ta­tion des salaires de 300 €, l’embauche en contrat à durée indé­ter­mi­née d’une dizaine de sala­riés inté­ri­maires ou en contrat à durée déter­mi­née (CDD) ainsi que le paie­ment des jours de grève.

Jérôme Charré

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